BULLETIN

Lettre ouverte à ceux qui trouvent l'art important

Chères et chers,

Imaginez: tout jeune, vous êtes engagé dans les années 90 dans un petit centre culturel en tant que programmateur danse à temps partiel. Vous travaillez 70 heures par semaine parce que vous êtes convaincu que les arts plastiques doivent aussi y avoir une place. Pendant 20 ans, vous avez donné à votre centre une réputation phénoménale dans le monde de l'art. Dans votre téléphone, vous avez les numéros privés des plus grands artistes du monde comme Gerhard Richter, Daniel Buren, John Baldessari, etc. Ils sont fiers d'être présentés dans ce petit centre de province. Vous avez donné leur première chance de montrer leur travail à de jeunes artistes qui sont ensuite devenus mondialement connus comme Koen van den Broek, Jan De Cock ou Joëlle Tuerlinckx. Parce que vous avez un sixième sens pour la qualité. Votre nom circule et plusieurs “vrais” temples de l'art vous réclament, mais vous continuez à travailler opiniâtrement pour votre centre culturel. Vous réussissez même à former un partenariat à parts égales avec le légendair S.M.A.K.

Et puis un jour, vous arrivez dans votre petit bureau et vous remarquez que tous vos livres d'art ont disparu. Vous les retrouvez dans les toilettes. Vous pensez: “Mmm, une blague de mauvais goût”, et vous continuez à travailler. Quelques jours plus tard, vous constatez qu'une œuvre d'art a été un peu abîmée. Une semaine après, vous arrivez pour un rendez-vous avec un groupe d'artistes africains importants. Et que se passe-t-il ? On vous donne l'ordre de rendre vos clés et votre ordinateur. On vous demande de quitter le centre. Point. Pas de motif de renvoi. Au pied levé.

Cela s'est vraiment passé. Dans la périphérie bruxelloise. A Strombeek-Bever.

Nous parlons bien sûr de Luk Lambrecht. Grâce à lui, un centre culturel flamand est devenu mondialement connu pour ses expositions belles et radicales, dans une démarche comprenant aussi les tartes du dimanche après-midi et un travail mené dans le quartier dans la bonne ambiance mais important. C'est possible. Rien d'élitaire. Daniel Buren qui vient manger sur place avec beaucoup de plaisir un vol-au-vent au lieu d'exiger un restaurant hors de prix. Il y mange dans la cellule artistique magnifiquement conçue par Hermann Maier Neustadt, qui se trouve au milieu du restaurant et qui constitue depuis des années une petite oasis de tranquillité. Après son licenciement, Luk a reçu une lettre lui mentionnant que cette œuvre serait détruite si elle n'était pas enlevée à temps.

Mis à la porte comme un chien. Foutu dehors. Pourquoi ? Ça, il faut le deviner. Luk était-il trop exigeant ? Les gens du centre en avaient-ils assez de ces arts plastiques critiques ? La sélection était-elle trop colorée ? Les questions étaient-elles trop critiques ?

Luk est un homme opiniâtre, qui ne claque pas la porte, qui voudrait avec plaisir transmettre son lieu à de nouveaux jeunes curateurs. Mais les arts plastiques sont tout simplement mis à la poubelle. La Flandre ne peut pas laisser partir un homme comme ça. Nous avons besoin de lui. Luk est un penseur et un faiseur radical, il y a peu de gens qui ont accompli autant avec si peu de moyens. Ou, comme feu l'artiste américain John Baldessari lui a écrit dans un livret: “Luk, tu es un de nous”. Ce “nous”, ce sont les gens qui savent que ces œuvres d'arts esseulées et sans défense rendent toujours la société meilleure. Le CC de Strombeek était un endroit où j'aimais aller. Plus maintenant.

JL


What's going on?

Le corona a suspendu pendant un temps la vie culturelle. Chez Needcompany, nous sommes cependant toujours restés en travail. En juillet, nous présentions The House of Our Fathers/Mothers of Inventions au MILL. Nous établissions une connexion entre les gens après une période d'isolement, mais nous donnions surtout du travail à plus de 20 artistes et nous avons rassemblé 500 visiteurs.



Le corona, ce n'est pas fini, et nous gardons cette conviction: nous devons plus que jamais créer du travail pour les acteurs et les danseurs, les personnes le plus durement touchées dans le secteur culturel. Et c'est ce que nous continuerons à faire dans la période qui vient.


Jan Lauwers & Viviane De Muynck



Le 4 novembre, Molly Bloom sera créé à la Filature (Mulhouse). En 1999, Jan Lauwers et la grande Viviane De Muynck avaient donné quelques lectures “illégales” du dernier chapitre de l'Ulysse de James Joyce. Elles avaient eu tellement de succès que les deux artistes en ont fait une nouvelle version en français.

“Derrière chaque homme célèbre, il y a une femme qui regarde avec étonnement”, doit avoir pensé Joyce en écrivant ce monologue radical où aucune maison sacrée ne reste debout. Inégalité hommes-femmes, #metoo, liberté sexuelle... Tout est balancé de manière tranchante au visage par Viviane, 74 ans, qui dit elle-même que c'est le meilleur rôle de sa vie. La manière dont l'actrice donne forme, dans une prise de position “less is more”, aux pensées de Molly Bloom est un exemple pour une jeune génération d'acteurs.


Grace Ellen Barkey

Pour le parcours d'artistes Coup de Ville à Sint-Niklaas, Grace Ellen Barkey a développé une installation spécifique in situ Bambi's Perspective. Stef Van Bellingen, curateur : “Grace semble polariser la beauté et la réduire à son essence entre les extrêmes: éternité et éphémère. La thématique du travail se raccroche à ses préoccupations écologiques et à sa réaction, qui peut peut-être être le mieux résumée par “le désir de chérir”. Pouvons-nous encore regarder la nature innocemment ?

A voir jusqu'au 11 octobre.




Maarten Seghers & Victor Afung Lauwers



En 2021, Needcompany présente Billy’s Violence, un nouveau spectacle pour lequel Jan Lauwers collabore avec Nao Albet, Grace Ellen Barkey, Gonzalo Cunill, Irene Escolar, Romy Louise Lauwers, Maarten Seghers et Juan Navarro. Les treize tragédies de Shakespeare constituent la base du texte qu'est en train d'écrire Victor Afung Lauwers. Maarten Seghers est lui aussi très occupé: il interprète et compose la musique. Les répétitions commencent en décembre !


Mohamed Toukabri & Maimouna Latifa Khamessi

Mohamed Toukabri ne peut pas reprendre son travail autour de The Power (of) The Fragile (une coproduction Needcompany). Le spectacle est un duo avec sa mère, Maimouna Latifa Khamessi, mais celle-ci ne peut pas sortir de Tunisie à cause d'une interdiction d'entrée imposée par la Belgique. Jusqu'à nouvel ordre, la production est à l'arrêt.


Lobke Leirens & Maxim Storms

Leirens & Storms continuent de travailler avec ardeur à Folks&Fools (une coproduction Needcompany), un spectacle où ils abordent le mythe du bouc émissaire. En novembre, ils reprennent le fil des répétitions au MILL.




What's happening @ MILL

EXPLO: Simon Lenski, George van Dam, Grace Ellen Barkey, Dirk Braeckman, Emma van der Put

Les 13 et 14 novembre, nous ouvrons grand, pendant tout un week-end, les portes du MILL, notre port d'attache à Molenbeek. Les musiciens de renom George van Dam et Simon Lenski présentent leur version des Goldberg Variations et nous regardons vers l'avenir avec une preview de Night, la nouvelle création de Grace Ellen Barkey. Nous regardons aussi en arrière avec l'exposition des photos de Dirk Braeckman de The House of Our Fathers (Herrenhausen Hannover, 2013) et une nouvelle œuvre vidéo d'Emma van der Put sur base de sa présence physique dans The House of Our Fathers/Mothers of Inventions (MILL, 2020). Save the date!

En plus de tout cela, nous accueillons comme invité au MILL 2m3. 2m3 est une petite organisation non subsidiée de Molenbeek qui, depuis des années, organise chaque mois une performance dans une chambre de 2 mètres cubes. Ils invitent pour cela chaque fois un artiste singulier différent. A cause des mesures de lutte contre le coronavirus, leur travail est mis en péril. Needcompany est heureux de pouvoir soutenir ce projet et de l'héberger au MILL.




OPEN CALL

Plus que jamais, MILL veut devenir un lieu de rencontre, de création et de liberté. Un lieu en ébullition et ouvert. C'est pour cela que nous lançons le   , une nouvelle initiative de Needcompany pour laquelle 10 000 euros ont été dégagés. Nous cherchons des artistes qui ont le culot de penser en dehors du temps et sans impératif de résultat.

L'objectif est de lancer de nouvelles connexions, de parcourir un territoire inexploré. Nous lançons un appel aux artistes qui n'ont encore jamais collaboré avec Needcompany : envoyez votre candidature via l'open call. Celui-ci reste actif pendant deux mois. Début 2021, nous dévoilerons ceux qui résideront dans notre  .


ON TOUR



PIE - Probabilities of Independent Events sera présenté à la fin de l'année à Bruxelles. Le spectacle -développé spécialement pour December Dance 2019 (Bruges) – est une célébration de la vie et du hasard mais aussi une transmission des connaissances et de l'expérience de Grace Ellen Barkeys à 14 étudiants du Conservatoire royal d'Anvers. Rombout Willems prend la musique en charge et Sung-Im Her participe à la chorégraphie. Les 29 et 30 décembre à BOZAR!

Grace Ellen Barkey devait en outre passer deux semaines d'octobre à Zug, en Suisse, pour y développer avec les étudiants de là-bas une nouvelle version de PIE - Probabilities of Independent Events. Le projet (en collaboration avec le Casino Theater Zug) a été reporté à l'année prochaine à cause du Covid-19.


4-5-6 novembreMolly Bloom (La Filature, Mulhouse) PREMIÈRE
4-5-6 novembreFOREVER (Théâtre Garonne, Toulouse)
13-14 novembreEXPLO (MILL, Molenbeek)
17-18 novembreMolly Bloom (Festival de Otoño, Madrid)
21-22-23 novembreMolly Bloom (Temporada Alta, Girona)
23-24 novembreTout le bien (Toneelhuis, Anvers)
29-30 décembreProbabilities of Independent Events (Bozar, Bruxelles)


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