Délirant ! Pour The Porcelain Project, Grace Ellen Barkey parsème la scène d’accessoires en porcelaine. Même certains costumes sont en porcelaine. Une table jonchée de vaisselle empilée ouvre le spectacle : elle vibre et les morceaux tombent à terre. A ce moment précis, Julien Faure et Tijen Lawton entrent en scène. Ils commencent par danser séparément et avec précaution. Cela change lorsque Lawton se met à danser sous un cadre plein de tasses en porcelaine. Faure manipule les filins auxquels sont suspendues les tasses comme s’il s’agissait de marionnettes. A travers eux, il manipule aussi Lawton. Plus tard, les contacts se feront plus directs, comme dans le duo comique, mais à la fois érotique, entre Faure et Taka Shamoto. Elle entre en scène vêtue d’une énorme jupe à cerceaux. Soudain, elle s’élève dans les airs et atterrit sur une scène miniature. Si elle plane, c’est grâce à Faure : comme un marionnettiste invisible, il la contrôle caché sous ses jupes. Comme un esprit habitant une machine, il lui arrache des regards d’extase ou d’épouvante. Le spectacle se termine sur un érotisme encore plus explicite dans le duo entre Lawton et Misha Downey, tous deux coiffés d’une perruque blonde et équipés d’énormes prothèses sexuelles en porcelaine. Même eux restent prudents malgré toute leur détermination : la porcelaine est toujours fragile… Dans cette œuvre, Barkey s’épuise en trouvailles visuelles. La chorégraphie baroque représente les possibilités infinies de l’imaginaire. Comme dans un trip, les images sont reliées entre elles sur le mode associatif. Ce n’est d’ailleurs pas toujours agréable ; parfois, on goûte la peur et le désarroi. Pourtant, on discerne un fil rouge. Incontestablement, Benoît Gob et son alter ego théâtral, Maarten Seghers, incarnent un fou royal. Gob et Seghers se promènent coiffés d’un chapeau de bouffon dans lequel on pourrait aussi voir une couronne. La pièce est inspirée par le roi George, qui avait perdu la raison, mais ce n’est pas de détails historiques qu’il s’agit là. Il s’agit de la représentation de ce qui se passe dans la tête d’un roi fou. D’où la porcelaine. Si elle était jadis symbole de pouvoir et de richesse, les tessons, coupants comme le verre, nous parlent aussi de la douleur et du désarroi. Spectacle de la semaine
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