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Jan Lauwers sur Sad Face | Happy Face, Une Trilogie, Trois Histoires sur la Condition Humaine:

Les trois parties de Sad Face | Happy Face traitent chacune une autre façon de raconter. La première partie, La chambre d'Isabella est une réflexion sur le passé, et c’est le texte le plus linéaire que j’aie jamais écrit. Cette linéarité, j’en avais besoin, car ce texte m’avait été inspiré par un événement très personnel: le décès de mon père.
La vie d’Isabella s’étend presque sur l’entièreté du vingtième siècle: de la Première et la Seconde Guerre mondiale, Hiroshima, le colonialisme, en passant par le développement de l’art contemporain, avec Joyce, Picasso et Huelsenbeck, les voyages sur la lune, Ziggy Stardust de David Bowie, jusqu’à la famine en Afrique et au Vlaams Blok (un parti politique d’extrême-droite) à Anvers.

La deuxième partie, Le Bazar du Homard, parle du futur et est construite comme un rêve ou comme un cauchemar, si on veut. Dans un rêve, le temps, l’espace et le lieu sont interchangeables, et dans l’art, le début n’est pas nécessairement le début et il n’est pas évident qu’il y ait une fin.
« Le Bazar du Homard » relate l’histoire d’Axel et Theresa. Leur fils Jef a perdu la vie sur la plage, à la suite d’un incident stupide. Le chagrin d’Axel et de Theresa les ronge et lorsqu’il s’avère qu’aucune thérapie n’apporte de soulagement, Axel décide un jour de s’enfoncer dans la mer. Il enfile son plus beau complet et va manger une dernière fois dans son restaurant préféré, « Le Bazar du Homard ». Mais le garçon qui le sert trébuche et le homard à la sauce armoricaine atterrit sur le costume blanc d’Axel. Dans la fraction de seconde pendant laquelle Axel voit arriver la sauce sur son pantalon blanc, tout le rituel qu’il a soigneusement élaboré s’effondre et sa vie semble lui exploser au visage.

La troisième partie, La maison des cerfs, c’est le présent. Le présent – et c’est là qu’on touche à l’essence même du théâtre – peut se concevoir de deux façons : le présent du monde qui nous entoure : j’entends par là le monde dans sa grande signification politique et historique, et le présent du monde que nous percevons en regardant quelqu’un qui fait quelque chose et qui sait qu’on le regarde. Le médium théâtral et la réalité des comédiens au moment de l’événement. Le théâtre de qualité se soucie toujours de la recherche de la réalité du médium en lui-même.
Les événements périphériques, parfois tragiques, qui se déroulent dans l’intimité de NC ont inspiré l’écriture de La maison des cerfs. Au moment où nous étions en tournée quelque part en France, l’une des danseuses, Tijen Lawton, a appris que son frère, le journaliste de guerre Kerem Lawton, avait été tué au Kosovo. La mort tragique de Lawton est le point de départ d’un texte sur un groupe de gens de théâtre confrontés de façon de plus en plus directe à la dure réalité du monde qu’ils sillonnent. Tout est politique, mais l’art n’est pas tout. L’art tombe toujours entre les plis de l’histoire, est inutile et n’influence pas le moindre événement, et c’est là que réside sa mystérieuse nécessité.

Nouvelle création de Jan Lauwers & Needcompany

Première partie: La chambre d'Isabella
Deuxième partie: Le Bazar du Homard
Troisième partie: La maison des cerfs

Avec: Grace Ellen Barkey, Anneke Bonnema, Hans Petter Dahl, Viviane De Muynck, Misha Downey, Julien Faure, Yumiko Funaya, Benoît Gob, Sung-Im Her, Maarten Seghers, Eléonore Valère, Inge Van Bruystegem

Cette trilogie a été jouée pour la première fois dans son intégralité au Festival de Salzbourg.

Avec le soutien des autorités flamandes.

BALLET-TANZ YEARBOOK 2008

Important Production: Sad Face | Happy Face – trilogie from Jan Lauwers

Important ensemble: Needcompany from Jan Lauwers

Significant development in politics and the arts: Jan Lauwer's totally committed, no-concessions creative activity

Anna Hohler
(Lausanne, ballet-tanz, movement)