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Depuis 2001, Jan Lauwers travaille sur les C-Songs. Il a écrit et mis en scène un court métrage sans paroles sur la violence, C-Song 01. C-Song 01 a suivi un parcours autonome dans les circuits des courts métrages et de l’art plastique.

"C-Song est construite comme une composition sensorielle qui éveille d'une manière quasiment abstraite des sentiments très concrets chez le spectateur. La bande-son d'une importance capitale y contribue; elle crée une densité qui rend superflue toute narration. Le résultat est un récit sans paroles, une image qui s'impose à la mémoire du spectateur.’
(Jan Lauwers)

C-Song a déjà été projeté à quelques reprises devant un public restreint dans le cadre des Needlapbs au STUK (Louvain) et dans les studios du Kaaitheater (Bruxelles), ainsi que lors de Oorlog is geen Kunst, au Vooruit de Gand. En avril 2004, C-Song a connu sa première officielle au festival du court métrage Courtisane (2004) à Gand. Ensuite, il a été sélectionné pour le Festival international du Court Métrage de Hambourg 2004, et il a été projeté au mois de juillet 2004 dans l’ancien château d’eau de Bredene, dans le cadre de Grasduinen 02/ SMAK-aan-zee.

C-Song 01, parallèlement à son existence autonome, fait partie de la pièce de théâtre Le Bazar du homard de Jan Lauwers.

Un film de Jan Lauwers
Titre C-Song 01 | Mise en scène, Scénario Jan Lauwers | Acteurs Victor Lauwers, Jelle Vercruysse, Hans Petter Dahl, Jan Lauwers | Image Maarten van der Put | Montage Nico Leunen | Concept son Senjan Jansen | Production Needcompany, en collaboration avec Cobblersson inc. & Senstudio
(10’26’’, beta sp ou digital beta, stéréo)

C-Song 01, 02, 03, 04 et C-Song 05 font partie d’un cycle sur le thème de la mer. Ensemble, ils constituent un récit linéaire. Ils sont intégrés à la pièce de théâtre Le Bazar du homard de Jan Lauwers, dont la première a eu lieu au festival de théâtre d’Avignon 2006. C-Song a connu son point d’orgue dans la réalisation des C-Song Variations (2007).

« Quand un créateur de théâtre comme Jan Lauwers s’essaye à l’art vidéo, le jeu d’acteur conserve une place centrale, même s’il est redéfini dans un langage nouveau. Une action captée par le zoom d’une caméra est plus chargée et mieux visible que cette même action sur la scène. C’est sans doute pour cela que Lauwers opte pour la sémiotique nue des corps qui interagissent. Il travaille plus volontiers avec des gestes qu’avec des personnages. Le texte et la parole font place à l’image pure, sans effets spéciaux ni cosmétique graphique. En même temps, il y a un certain recul par rapport aux registres classiques de l’œuvre théâtrale de Lauwers. La structure narrative différente et polyphonique s’infléchit en direction d’un récit linéaire. L’ambiance paradoxale faite à la fois d’ironie et de sérieux, de révolte et de résignation, est supplantée par un ton neutre, direct. Les acteurs s’adressent les uns aux autres, et ne laissent transparaître aucune conscience d’être regardés. Ils ne brusquent pas le spectateur, n’en appellent pas à lui, mais posent des actes qui sont autonomes, qui ne sont pas adressés. La poésie nostalgique des accessoires est troquée contre la prose militante de la simplicité. Pourtant, le champ reste libre pour un humanisme amoureux et une clairvoyance psychologique vécue. »

ROBRECHT VANDERBEEKEN
No beauty for me there where human life is rare.
Academia Press, 2007
Série : Studies in Performing Arts and Film, nr. 6